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Chroniques de la rue. Rita la seconde mère

Rita la seconde mère

Jolie brune aux longs cheveux noirs coulant comme de l’encre inépuisable, cette Rita avait des airs de bohémienne permanente. Mon vocabulaire sophistiqué lui faisait ouvrir de grands yeux comme deux étoiles noires perdues dans une blanche galaxie.Toute jeune Roumaine arrivée en France en 1995, elle a connu deux mariages et un enfant en témoignage de ses ébats fugaces. Rita la généreuse a connu un temps la belle vie parisienne, avec un train de dépenses digne d’une femme d’émir arabe. Son premier mari, professeur de droit à l’université de Nanterre lui versait des sommes rondelettes chaque mois, et le seul univers de la jeune femme se résumait au 8ème arrondissement de la capitale, à faire les boutiques avec sa copine. Mais ça c’était dans les années 90.

Il y eut ensuite le tournant 1999-2000. Une seconde union se pointa et Rita la pas bête, prit cette fois-ci un homme plus jeune qu’elle et moins expérimenté. Le bonheur sembla s’installer pour de bon , mais Rita la méfiante ne tira, à bon escient, aucun plan sur la comète et profita désormais de la vie au jour le jour. Elle gagna un homme plus bon, plus beau, vraiment gentil, frais et spontané mais perdit tout son niveau de vie social. De Paris elle passa à Bondy, et d’un duplex de 120 m2 avec pour voisin Bernard Kouchner elle hérita d’un « dupresque » HLM avec pour voisin des bandes de jeunes en moto-cross.

Violent déclassement, qui ne fit nullement perdre toute la classe de Rita l’insensible. Elle poursuivit ses rires la bohème. Même pieds nus, une vraie nomade continue à danser sur les cendres… Et puis, il y eut un accident ou un appel du destin : elle devint Rita la grosse pendant 9 mois et mit au monde son premier véritable trésor. Le père s’occupa de son enfant, jusqu’au jour où il s’éclipsa  au gré d’une mutation professionnelle trop lointaine. Cela se fit comme ça : sans haine, ni violence, ni drame.

Rita était pourtant toujours heureuse. Seule mais obstinément épanouie. Les années passèrent, le fils grandit et prit les traits d’indolence de sa mère ; ça faisait maintenant deux êtres heureux sous un même toit. Il y eut bien d’autres mâles pour tenter de tirer profit de cette vacance sentimentale de Rita la célibataire, mais ceux ci s’agitaient comme des pantins désordonnés. Pas assez entreprenants, polis à l’excès, trop moches ,trop gros,etc…depuis plus de 8 ans le manège dure.

Jusqu’au jour où à la faveur d’une soirée culturelle organisée par l’UNESCO, Rita fit la rencontre d’un homme joueur comme elle. Ils se mirent à discuter, rire, puis cet homme l’emmena faire l’amour chez lui : comme ça, avec légèreté, assurance et sans protocole. Tout ce que Rita attendait sans oser le dire.

– Et depuis, je te retrouve parfois…

C’est par un interminable après-midi d’été, collé l’un vers l’autre sur son lit que Rita la conteuse me livra la version brute de sa vie. Elle arrêta symboliquement son récit autobiographique au moment où je fis irruption dans sa vie. Elle se tut et moi je la toisai du regard et passa silencieusement mes doigts couler le long de ses cheveux…

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Elle n’osa plus poursuivre son histoire la Rita timide. La suite, c’est qu’elle rencontra de la résistance chez moi. Un homme joueur, mais expérimenté. Affectif mais indépendant, bavard mais secret sur ma famille et mes conquêtes. Rita la maline, fit ce qu’elle considéra comme une autre carte à jouer : elle me considéra comme son fils.  15 ans d’écart d’âge entre elle et moi, c’est un peu serré pour jouer les mamans, mais ça lui permettait de garder le contrôle du tigre. Et elle joue à merveille le rôle de la mère : Rita a toujours été là pour m’épauler dans les moments difficiles de ma vie, toujours là pour me préparer le repas, toujours là pour m’aider financièrement. Rita reste une femme malgré tout, et moi un tigre pas complètement apprivoisé : il suffit que je la regarde dans les yeux, lui embrasse son cou et la bohémienne repart bien vite dans les effluves de l’érotisme…

Rita, merci.

 

 

 

 

À propos Tiger

6 plusieurs commentaires

  1. Jolie petite histoire !

    C’est aussi une bonne manière de faire savoir que sur Drague Academy, on aime les femmes et l’on apprécie leur affection :-).

    Chrys

  2. Bien sûr ! On est peut être macho sur les bords, mais nous les aimons quand même… Certaines sont des perles : c’est pour cela qu’on en fait des fields reports.

  3. La photo que tu as mis dans l’article c’est celle de ta copine Rita ?
    Et en plus beau Field Report !

  4. En effet, c’est la photo de ma Fuck Friend. Par contre, ce n’est pas son vrai prénom

  5. beau tiger, peace 😉

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